Qu'est-ce qu'une colocation ?
La colocation, c'est la location d'un même logement par plusieurs personnes qui n'appartiennent pas au même foyer, avec un bail qui les lie toutes au propriétaire. Chacun dispose en général d'une chambre privative et partage la cuisine, le salon et la salle de bain. Le loyer et les charges sont répartis entre les colocataires, ce qui en fait la formule la plus économique pour se loger en ville.
Cette définition est celle de la loi du 6 juillet 1989, qui encadre la colocation en France depuis la loi ALUR de 2014. Ce guide détaille ce que recouvre exactement le terme, comment une colocation fonctionne au quotidien, ce qu'elle coûte et ce que dit le droit.
La définition légale
L'article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989 définit la colocation comme « la location d'un même logement par plusieurs locataires, constituant leur résidence principale, et formalisée par la conclusion d'un contrat unique ou de plusieurs contrats entre les locataires et le bailleur ».
Trois éléments sont donc nécessaires pour parler juridiquement de colocation :
- Plusieurs locataires pour un même logement. À deux, on est déjà en colocation.
- Une résidence principale, c'est-à-dire le logement occupé au moins huit mois par an. Une location saisonnière partagée n'est pas une colocation.
- Un contrat de location, unique ou individuel, signé avec le propriétaire.
Ce qui ne relève pas de la colocation : un couple marié, pacsé ou en concubinage qui loue ensemble forme un seul foyer et signe un bail classique. De même, héberger gratuitement un ami chez soi n'est pas une colocation, faute de contrat.
Coloc, colocation, colocataire : le vocabulaire
Le langage courant a ses raccourcis, et ils ne désignent pas tous la même chose.
| Mot | Ce qu'il désigne |
|---|---|
| Colocation | La situation juridique : plusieurs locataires, un logement |
| Une coloc | Abréviation familière de « colocation ». Désigne aussi bien la situation que le logement lui-même |
| Un(e) coloc | Abréviation de « colocataire » : la personne avec qui l'on partage le logement |
| Colocataire | Le terme juridique exact pour chaque signataire du bail |
On écrit « colocation » avec un seul « l ». Les graphies « collocation » et « colloc » sont des erreurs fréquentes : en français, une collocation désigne un classement de créanciers en droit, ou une association habituelle de mots en linguistique. Rien à voir avec le logement.
Comment fonctionne une colocation
Le bail : unique ou individuel
C'est le choix structurant, celui qui détermine ce que chacun risque.
Le bail unique réunit tous les colocataires sur un même contrat. C'est la formule la plus répandue. Elle s'accompagne presque toujours d'une clause de solidarité : si l'un ne paie pas sa part, le propriétaire peut réclamer la totalité du loyer aux autres. La contrepartie de cette prise de risque collective est un accès facilité au logement.
Les baux individuels donnent à chaque colocataire son propre contrat, portant sur sa chambre et un droit d'usage des parties communes. Chacun n'est responsable que de lui-même, et un départ n'engage pas les autres. Cette formule est courante en chambre chez l'habitant et dans le coliving.
La clause de solidarité mérite d'être comprise avant de signer : elle survit au départ d'un colocataire pendant six mois. Notre guide du bail de colocation détaille les deux formules.
La répartition du loyer et des charges
Le loyer se divise entre colocataires, rarement à parts strictement égales : une chambre de 9 m² sans balcon ne se paie pas comme une suite de 16 m² avec salle d'eau. La répartition se négocie à l'entrée et se note noir sur blanc.
Les charges (eau, électricité, chauffage, internet, taxe d'ordures ménagères) suivent deux régimes possibles : au réel, chacun paie sa quote-part des dépenses effectives, ou au forfait, une somme fixe mensuelle qui solde le sujet. Le forfait est autorisé en colocation depuis la loi ALUR et simplifie nettement la vie commune.
Notre guide des charges en colocation détaille le calcul, et celui sur l'énergie et internet explique à quel nom souscrire les abonnements.
Les règles de vie commune
La loi organise les rapports avec le propriétaire, pas la vaisselle. Tout ce qui touche au quotidien (ménage, bruit, invités, courses communes) relève d'un accord entre colocataires, sans valeur juridique mais décisif pour la qualité de vie.
C'est l'objet du pacte de colocation, ou règlement intérieur : un document rédigé ensemble à l'emménagement, qui fixe ce que chacun attend des autres. Il n'est obligatoire nulle part, et c'est pourtant ce qui distingue une colocation vivable d'une colocation subie.
Voir le pacte de colocation pour le rédiger, et le guide règles et conflits pour désamorcer les tensions quand elles apparaissent.
Combien coûte une colocation
La colocation reste la façon la moins chère de se loger en ville, hors logement social et résidence étudiante. L'écart avec un studio équivalent se situe généralement entre 30 et 40 %, pour une surface personnelle plus petite mais des espaces communs bien plus grands.
Quelques ordres de grandeur pour une chambre en colocation, charges comprises :
| Ville | Loyer mensuel courant |
|---|---|
| Paris | 600 à 900 € |
| Lyon, Bordeaux, Nantes | 400 à 600 € |
| Villes moyennes et étudiantes | 300 à 450 € |
À prévoir en plus du loyer : le dépôt de garantie (un mois de loyer hors charges en location vide, deux mois en meublé), l'assurance habitation, obligatoire, et parfois des frais d'agence.
Bonne nouvelle côté budget : chaque colocataire peut demander les APL en son nom propre, calculées sur sa part de loyer et ses ressources personnelles. Le dispositif Visale offre par ailleurs une caution gratuite aux moins de 31 ans.
Notre guide des aides au logement détaille les démarches, et le guide Visale explique comment se passer de garant physique.
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Les avantages et les limites
| Avantages | Limites |
|---|---|
| Loyer 30 à 40 % inférieur à un studio | Moins d'intimité qu'un logement individuel |
| Charges et abonnements mutualisés | Dépendance aux autres pour le paiement (clause de solidarité) |
| Surface habitable bien plus grande | Négociation permanente sur le quotidien |
| Rompt l'isolement, surtout en arrivant dans une ville | Rotation des colocataires à gérer |
| Formalités d'entrée souvent allégées | Départ encadré par un préavis |
La colocation est rarement un choix purement économique. Elle convient à qui accepte une part de vie collective et sait poser des limites ; elle pèse à qui a besoin de silence et de prévisibilité.
Qui peut vivre en colocation
Aucune condition d'âge, de statut ou de nationalité n'est exigée par la loi. En pratique, la colocation concerne surtout :
- Les étudiants, premier public de la colocation en France, qui y trouvent un loyer accessible et une vie sociale immédiate ;
- Les jeunes actifs, notamment en début de carrière ou en mobilité professionnelle ;
- Les personnes en transition : séparation, mutation, retour d'expatriation, formation ;
- Les seniors, via la colocation intergénérationnelle, qui échangent une chambre contre une présence et une petite contribution.
Un mineur ne peut pas signer seul un bail : il lui faut un représentant légal. Les personnes en CDD, en intérim ou sans garant ne sont pas exclues, mais devront souvent s'appuyer sur Visale ou un garant physique.
Le guide de la colocation étudiante couvre le calendrier de rentrée, le budget et le dossier.
Colocation, coliving, chambre chez l'habitant
Le mot « colocation » sert souvent de terme générique, alors qu'il recouvre en réalité plusieurs formules qui n'ont ni le même bail, ni le même prix, ni le même mode de vie.
- La colocation classique : des locataires sur un pied d'égalité, qui gèrent eux-mêmes le logement et la vie commune.
- Le coliving : un logement pensé et géré par un opérateur, meublé, avec services inclus (ménage, internet, parfois salle de sport). Plus cher, plus souple, moins autonome.
- La chambre chez l'habitant : le propriétaire vit sur place et loue une chambre. Le cadre est plus familial, les règles fixées par lui.
Ces trois formules sont comparées en détail, avec leurs budgets et leurs baux respectifs, dans notre guide colocation, coliving ou chambre chez l'habitant.
Entrer et sortir d'une colocation
Pour entrer, le parcours est celui de toute location : constituer un dossier (pièce d'identité, justificatifs de revenus, garant ou Visale), visiter, puis signer le bail et réaliser l'état des lieux d'entrée. Une particularité : dans une colocation déjà constituée, les colocataires en place participent presque toujours au choix du nouvel arrivant.
Pour sortir, un colocataire donne congé sans avoir besoin de l'accord des autres. Le préavis est d'un mois en meublé et en zone tendue, de trois mois dans les autres cas de location vide. Attention à la clause de solidarité : elle continue d'engager le partant pendant six mois après son départ, sauf si un nouveau colocataire le remplace sur le bail avant ce terme.
Voir remplacer un colocataire pour organiser une relève propre, l'état des lieux et le dépôt de garantie pour récupérer sa caution.
Questions fréquentes
La colocation est-elle légale ?
Oui, elle est expressément prévue et encadrée par la loi du 6 juillet 1989, modifiée par la loi ALUR de 2014.
Combien de personnes peut-on être en colocation ?
La loi ne fixe pas de nombre maximal, mais impose une surface minimale par occupant et interdit la sur-occupation. Au-delà de quatre colocataires, certaines communes appliquent des règles spécifiques.
Peut-on faire une colocation en couple ?
Oui. Un couple peut rejoindre une colocation, chacun étant colocataire. En revanche, un couple qui loue seul un logement n'est pas en colocation au sens juridique.
Le propriétaire peut-il refuser une colocation ?
Oui, rien ne l'oblige à louer en colocation. Mais il ne peut pas refuser un candidat sur un motif discriminatoire.
Faut-il une assurance habitation ?
Oui, elle est obligatoire. Une assurance unique au nom de tous les colocataires, ou une assurance par colocataire, sont deux solutions acceptées.
Notre guide de l'assurance en colocation compare les deux formules.
L'essentiel à retenir
- La colocation, c'est plusieurs locataires, un logement, un bail, en résidence principale.
- Le bail unique avec clause de solidarité est la formule la plus courante : chacun peut être appelé à payer pour les autres.
- Le loyer revient 30 à 40 % moins cher qu'un studio équivalent, et chaque colocataire peut demander les APL en son nom.
- La loi encadre le rapport au propriétaire ; la vie commune, elle, se règle par un pacte de colocation écrit ensemble.
- Le préavis de départ est d'un mois en meublé, mais la solidarité engage encore six mois après le départ.
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