Charges en colocation : comprendre et répartir les dépenses
Dernière mise à jour : 26 février 2026
Charges en colocation : comprendre et répartir les dépenses
La question des charges est l'une des premières sources de tension en colocation. Qui paie quoi ? Comment s'assurer que chacun contribue équitablement ? Quelles sont les obligations du propriétaire en matière de transparence ? Ce guide vous explique tout ce que vous devez savoir sur les charges locatives en colocation, de leur définition légale à leur répartition concrète entre colocataires, en passant par les outils pratiques pour organiser le quotidien sans conflits.
Charges récupérables : ce que le propriétaire peut vous demander
Les charges locatives récupérables sont limitativement définies par le décret n°87-713 du 26 août 1987. Le propriétaire ne peut vous facturer que les dépenses figurant dans cette liste, et rien d'autre. Toute charge qui n'y figure pas reste à sa charge exclusive.
Les principales catégories de charges récupérables
Eau froide et eau chaude :
L'eau représente généralement le poste le plus important des charges récupérables. Le propriétaire peut vous facturer la consommation d'eau froide et d'eau chaude du logement, ainsi que l'entretien courant des installations (compteurs, canalisations communes, traitement de l'eau). En colocation, la facture d'eau peut vite grimper : avec plusieurs occupants, la consommation est naturellement plus élevée que dans un logement individuel.
Chauffage collectif :
Lorsque l'immeuble dispose d'un système de chauffage collectif, les frais de combustible ou d'énergie, l'entretien courant de la chaudière collective et le ramonage des conduits sont récupérables sur les locataires. La répartition entre les logements se fait selon les tantièmes de copropriété ou, si l'immeuble en est équipé, selon les relevés de compteurs individuels de chauffage.
Entretien des parties communes :
Cette catégorie couvre le nettoyage des halls, escaliers, couloirs et locaux communs, ainsi que l'électricité des parties communes (éclairage, minuteries). Les produits d'entretien et le salaire du gardien (à hauteur de 75 % si celui-ci assure le ménage et la sortie des poubelles, 40 % s'il n'assure que l'une de ces deux tâches) sont également récupérables.
Taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) :
Cette taxe figure sur l'avis de taxe foncière du propriétaire. Elle est intégralement récupérable sur les locataires. Le propriétaire doit toutefois déduire les éventuels frais de gestion prélevés par le Trésor public, qui ne sont pas récupérables.
Ascenseur :
Les frais d'électricité de l'ascenseur, son entretien courant (inspection, graissage, remplacement de petites pièces) et les réparations menues sont récupérables. En revanche, le remplacement de la cabine ou des câbles relève des grosses réparations et reste à la charge du propriétaire.
Espaces extérieurs :
L'entretien des jardins, allées et espaces verts de la résidence (tonte, taille, arrosage) fait partie des charges récupérables, de même que l'entretien des aires de jeux et des parkings communs.
Les charges non récupérables
Certaines dépenses restent toujours à la charge du propriétaire et ne peuvent en aucun cas être répercutées sur les locataires :
- Les gros travaux : ravalement de façade, réfection de la toiture, remplacement de la chaudière collective, mise aux normes de l'ascenseur
- L'assurance de l'immeuble (assurance propriétaire non occupant ou assurance de la copropriété)
- Les honoraires du syndic de copropriété
- La taxe foncière (à l'exception de la TEOM mentionnée ci-dessus)
- Les frais de gestion locative (honoraires d'agence pour la gestion courante)
Attention : Si votre propriétaire vous facture des dépenses qui ne figurent pas dans le décret n°87-713, vous êtes en droit de contester ces charges. Demandez systématiquement le détail du décompte pour vérifier que seules des charges récupérables vous sont imputées.
Provisions sur charges ou forfait : deux systèmes distincts
Le mode de paiement des charges est fixé dans le bail et a des conséquences importantes pour vous. Il existe deux mécanismes légaux, et il est essentiel de comprendre leurs différences.
Les provisions sur charges (le système le plus courant)
Dans la majorité des colocations en location nue, et dans une grande partie des locations meublées, les charges sont payées sous forme de provisions mensuelles. Vous versez chaque mois un montant estimé, calculé sur la base des dépenses de l'année précédente ou du budget prévisionnel de la copropriété. Ce montant est une avance : il sera ajusté lors de la régularisation annuelle.
Les provisions doivent être justifiées : le propriétaire ne peut pas fixer un montant arbitrairement élevé. Elles doivent correspondre à une estimation raisonnable des charges réelles prévisibles.
Le forfait de charges
Le forfait de charges est un montant fixe, définitif, qui ne donne lieu à aucune régularisation. Le propriétaire ne peut ni vous réclamer de complément si les charges réelles dépassent le forfait, ni vous rembourser si elles sont inférieures. Ce système n'est autorisé que pour les locations meublées et les colocations, conformément à l'article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989.
Le montant du forfait doit être cohérent avec les charges réelles : un forfait manifestement sous-évalué ou surévalué pourrait être contesté.
Astuce : Le forfait de charges présente un avantage de simplicité pour le locataire : vous connaissez à l'avance le montant exact de vos dépenses, sans surprise à la régularisation. En revanche, si les charges réelles sont nettement inférieures au forfait, vous ne serez pas remboursé. Vérifiez le montant des charges réelles de l'année précédente avant de signer.
Tableau comparatif
| Provisions sur charges | Forfait de charges | |
|---|---|---|
| Régularisation annuelle | Oui, obligatoire | Non, aucune |
| Risque de complément | Oui, si les charges réelles dépassent les provisions | Non |
| Remboursement possible | Oui, si les provisions dépassent les charges réelles | Non |
| Applicable en location nue | Oui | Non |
| Applicable en meublé | Oui | Oui |
| Justificatifs consultables | Oui, pendant 6 mois | Non applicable |
La régularisation annuelle : vos droits
Lorsque vos charges sont payées sous forme de provisions, le propriétaire a l'obligation légale de procéder à une régularisation annuelle. Cette procédure compare les provisions que vous avez versées aux dépenses réellement engagées.
Le décompte détaillé
Le propriétaire doit vous transmettre un décompte détaillé des charges au moins un mois avant la date de régularisation. Ce document doit indiquer, pour chaque catégorie de charges, la nature de la dépense, le montant total et la quote-part qui vous incombe. La répartition doit être clairement expliquée (tantièmes de copropriété, nombre de lots, etc.).
Le droit de consultation des justificatifs
Après réception du décompte, vous disposez d'un droit de consultation des pièces justificatives pendant une durée de six mois. Cela signifie que vous pouvez demander à voir les factures, les contrats de maintenance, les appels de fonds du syndic et tout document attestant de la réalité des dépenses. Le propriétaire doit mettre ces pièces à votre disposition dans des conditions raisonnables (sur place ou par envoi de copies).
La prescription triennale
La loi ALUR a instauré une prescription triennale en matière de charges locatives. Concrètement, le propriétaire ne peut pas vous réclamer une régularisation de charges portant sur une période antérieure de plus de trois ans. Si votre propriétaire n'a procédé à aucune régularisation pendant quatre ans, il ne pourra vous demander un complément que pour les trois dernières années. Ce mécanisme vous protège contre les rattrapages massifs de charges anciennes.
Attention : Cette prescription fonctionne dans les deux sens. Si le propriétaire vous a trop perçu de provisions, vous pouvez lui réclamer le remboursement du trop-versé sur les trois dernières années.
Que faire en cas de désaccord
Si vous contestez le montant de la régularisation, commencez par demander par écrit la communication des justificatifs. Si le propriétaire refuse ou si les explications ne vous convainquent pas, vous pouvez saisir la commission départementale de conciliation (CDC) de votre département. Cette procédure est gratuite et constitue souvent un préalable utile avant d'envisager une action devant le tribunal. Pour en savoir plus sur vos recours, consultez notre guide sur les droits et devoirs du colocataire.
Les charges courantes en colocation : détail par poste
Au-delà des charges récupérables versées au propriétaire, la vie en colocation engendre des dépenses partagées entre colocataires. Voici les principaux postes à anticiper.
L'eau
La consommation d'eau dépend fortement du nombre d'occupants. En France, la consommation moyenne est d'environ 50 litres par personne et par jour pour un usage courant (douche, vaisselle, sanitaires), soit environ 150 litres par jour en comptant tous les usages. Dans une colocation de trois personnes, cela représente une facture annuelle comprise entre 400 et 700 euros selon les communes et les habitudes de chacun.
Dans les immeubles collectifs, l'eau est le plus souvent facturée via les charges de copropriété, au prorata des tantièmes. Si le logement dispose d'un compteur individuel, la facture reflète directement votre consommation réelle, ce qui est plus équitable en colocation. En l'absence de compteur individuel, la charge est répartie selon les clés de répartition de la copropriété, indépendamment du nombre d'occupants du logement.
Astuce : Si votre logement ne dispose pas de compteur d'eau individuel, pensez à intégrer le nombre d'occupants dans votre réflexion au moment de choisir la colocation. Un appartement partagé à quatre dans un immeuble sans compteur individuel peut entraîner une facture d'eau proportionnellement plus faible par personne, mais un surcoût global significatif par rapport aux provisions initiales.
L'électricité
L'électricité est rarement incluse dans les charges récupérables par le propriétaire (sauf pour les parties communes de l'immeuble). En colocation, le contrat d'électricité est généralement souscrit au nom d'un des colocataires, et la facture est partagée entre tous. La consommation moyenne d'un ménage en France est d'environ 4 500 kWh par an pour un logement sans chauffage électrique. Avec un chauffage électrique, ce chiffre peut doubler, voire tripler.
En colocation, la facture d'électricité dépend du type de chauffage (électrique ou collectif), du nombre de colocataires, des équipements utilisés et des habitudes de chacun. À titre indicatif, pour un appartement de trois à quatre colocataires chauffé au gaz collectif, comptez entre 60 et 100 euros par mois pour l'électricité (éclairage, électroménager, appareils électroniques).
Le gaz
Lorsque le logement est chauffé au gaz individuel, le contrat de gaz est souscrit au nom d'un colocataire et la facture est partagée. Le chauffage au gaz représente un poste important en hiver, mais quasi nul en été. Prévoyez un budget mensuel moyen de 80 à 150 euros pour un appartement de colocation, avec de fortes variations saisonnières. Pour lisser les dépenses sur l'année, la plupart des fournisseurs proposent une mensualisation : vous payez le même montant chaque mois, avec une régularisation annuelle en fonction de votre consommation réelle. Cette option est particulièrement pratique en colocation, car elle rend le budget prévisible et facilite le partage.
La connexion à internet
Le forfait internet est une dépense incontournable en colocation. Le coût d'un abonnement fibre se situe généralement entre 30 et 50 euros par mois selon l'opérateur et les options choisies. Réparti entre trois ou quatre colocataires, cela revient à un montant modeste de 8 à 15 euros par personne.
Le choix de l'opérateur et du type d'abonnement doit idéalement se faire de manière collective, en tenant compte des besoins de chacun (télétravail, jeux en ligne, usage basique). Le contrat est souscrit au nom d'un seul colocataire, qui avance la totalité et se fait rembourser par les autres.
Attention : En cas de départ du colocataire titulaire du contrat internet, pensez à organiser le transfert ou la résiliation de l'abonnement. Un contrat qui court au nom d'un ancien colocataire est une source de complications. Prévoyez cette éventualité dès le début de la colocation.
L'assurance habitation
Chaque colocataire doit être couvert par une assurance habitation (obligation légale prévue par l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989). Deux options sont possibles : soit chaque colocataire souscrit son propre contrat, soit un contrat collectif couvre l'ensemble des occupants. Dans le second cas, le coût est partagé et chaque nom doit figurer sur le contrat. Comptez entre 80 et 200 euros par an et par personne selon la surface, la localisation et les garanties choisies.
Comment répartir les charges entre colocataires
La répartition des charges entre colocataires est une affaire privée : la loi n'impose aucune méthode particulière. C'est à vous et à vos colocataires de vous mettre d'accord sur un système équitable. Voici les trois approches les plus courantes.
La répartition à parts égales
C'est la méthode la plus simple et la plus répandue. Chaque colocataire paie la même part de charges, quel que soit son usage ou la taille de sa chambre. Elle fonctionne bien lorsque les chambres sont de taille comparable et que les habitudes de consommation sont similaires.
Cette approche a le mérite de la simplicité : le calcul est immédiat et ne prête pas à discussion. Elle convient parfaitement pour les charges fixes (internet, assurance) et les postes où la consommation individuelle est difficile à mesurer (eau sans compteur individuel, chauffage collectif).
La répartition proportionnelle au loyer
Lorsque les chambres n'ont pas la même surface ou le même confort (présence d'une salle de bain privative, balcon, luminosité), le loyer varie souvent d'une chambre à l'autre. Dans ce cas, il est logique de répartir les charges au prorata du loyer de chacun. Le colocataire qui paie le loyer le plus élevé contribue davantage aux charges, ce qui reflète l'avantage dont il bénéficie.
Par exemple, dans une colocation de trois personnes avec des loyers respectifs de 500, 450 et 400 euros (soit un total de 1 350 euros), des charges communes de 180 euros seraient réparties à hauteur de 66,67 euros, 60 euros et 53,33 euros respectivement.
Le système mixte
De nombreuses colocations combinent les deux approches selon la nature des charges. Les charges fixes liées à l'usage commun (internet, ménage, produits d'entretien) sont réparties à parts égales, tandis que les charges variables ou liées à l'espace privatif (loyer, quote-part de charges du propriétaire) sont réparties au prorata.
Ce système est plus complexe à mettre en place, mais il est souvent perçu comme le plus juste, car il distingue ce qui relève de l'usage collectif de ce qui relève de l'avantage individuel.
Astuce : Quelle que soit la méthode choisie, formalisez la répartition par écrit dans un pacte de colocation signé par tous les colocataires. Ce document n'a pas la valeur d'un bail, mais il constitue une preuve précieuse en cas de désaccord. Vous pouvez également y intégrer les règles de fonctionnement de la cagnotte commune.
Organisation pratique du paiement
La cagnotte commune
La cagnotte commune consiste à alimenter un pot commun dans lequel chaque colocataire verse une somme fixe chaque mois. Ce pot sert à payer les factures partagées (électricité, internet, produits ménagers, etc.). Le colocataire désigné comme trésorier gère les paiements et conserve les justificatifs.
Cette méthode fonctionne bien si elle est accompagnée d'un suivi rigoureux. Définissez le montant de la contribution mensuelle en début de colocation, avec une réévaluation tous les trois à six mois en fonction des dépenses réelles.
Les applications de partage de dépenses
Des applications dédiées au partage de dépenses permettent de suivre en temps réel qui paie quoi et qui doit combien à qui. Chaque colocataire enregistre ses dépenses au fur et à mesure, et l'application calcule automatiquement les soldes. À intervalles réguliers (chaque semaine ou chaque mois), les colocataires procèdent aux remboursements nécessaires pour équilibrer les comptes.
Ces outils sont particulièrement adaptés aux dépenses ponctuelles et variables (courses alimentaires, produits ménagers) et complètent utilement la cagnotte commune pour les charges fixes.
Le virement automatique
Pour les charges fixes dont le montant est prévisible (loyer, internet, assurance), la mise en place de virements automatiques est la solution la plus fiable. Chaque colocataire programme un virement mensuel vers le compte du colocataire qui avance le paiement, ou directement vers le compte du propriétaire si celui-ci l'accepte. Cette méthode élimine les oublis et les retards de paiement.
Astuce : Combinez les trois méthodes pour une organisation optimale. Le virement automatique pour les charges fixes, la cagnotte commune pour les dépenses courantes partagées, et une application de partage pour les dépenses ponctuelles. Ce système couvre tous les cas de figure et limite les sources de friction.
Le départ d'un colocataire : régulariser les charges
Le départ d'un colocataire est un moment délicat sur le plan financier. Les charges doivent être régularisées au prorata temporis, c'est-à-dire en fonction de la durée de présence effective du colocataire sortant.
Le calcul au prorata temporis
Le principe est simple : le colocataire qui quitte la colocation ne doit payer que la part des charges correspondant à sa période d'occupation. Si un colocataire part au bout de huit mois sur un cycle de régularisation de douze mois, il ne doit contribuer qu'aux huit douzièmes des charges annuelles.
En pratique, ce calcul est plus facile à réaliser pour les charges fixes (internet, assurance) que pour les charges variables (eau, électricité). Pour ces dernières, une estimation basée sur les factures précédentes est généralement utilisée. Pensez à relever les compteurs d'eau et d'électricité le jour du départ effectif : ce relevé servira de référence pour calculer la consommation exacte du colocataire sortant et évitera les approximations contestables.
La régularisation entre colocataires
Au moment du départ, le colocataire sortant et les colocataires restants doivent procéder à un solde de tout compte portant sur :
- La quote-part des factures en cours (électricité, gaz, eau) calculée au prorata temporis
- Le solde de la cagnotte commune, si elle existe
- Le remboursement d'éventuelles avances (dépôt de garantie pour l'abonnement internet, par exemple)
- La part des charges récupérables déjà versées au propriétaire et qui n'ont pas encore fait l'objet d'une régularisation annuelle
La régularisation avec le propriétaire
Si les charges sont payées sous forme de provisions, la régularisation annuelle effectuée par le propriétaire interviendra après le départ du colocataire. En cas de bail unique, le propriétaire n'est pas tenu de régulariser les charges avec le colocataire sortant avant la fin de la période de régularisation. C'est aux colocataires de s'organiser entre eux pour la répartition du complément ou du remboursement éventuel.
Attention : Dans le cas d'un bail unique avec clause de solidarité, le colocataire sortant reste tenu solidairement du paiement des charges pendant six mois après son départ (ou jusqu'à l'inscription d'un remplaçant au bail par avenant). Prenez vos précautions en conservant une trace écrite de la régularisation effectuée avec vos colocataires.
Problèmes courants et solutions
La consommation excessive d'un colocataire
Lorsqu'un colocataire consomme nettement plus que les autres (douches prolongées, chauffage poussé au maximum, usage intensif d'appareils énergivores), le partage à parts égales peut devenir source de ressentiment. Plusieurs solutions existent pour traiter ce problème de manière constructive.
Commencez par le dialogue : abordez le sujet calmement et factuellement, en vous appuyant sur les factures. Proposez des gestes simples (réduire le chauffage d'un degré, écourter les douches) avant d'envisager une modification de la répartition. Si le déséquilibre persiste malgré la discussion, envisagez une contribution majorée pour le colocataire dont la consommation est la plus élevée, en vous basant sur des éléments objectifs. Enfin, pour l'eau chaude ou le chauffage, l'installation de compteurs individuels (avec l'accord du propriétaire) permet une facturation au réel qui met fin à toute contestation.
Pour approfondir la gestion des tensions, consultez notre guide sur les conflits en colocation.
Les impayés de charges
Lorsqu'un colocataire ne paie pas sa part de charges, les conséquences peuvent être sérieuses pour les autres occupants. La facture d'électricité ou de gaz est au nom d'un seul colocataire, qui reste le seul responsable vis-à-vis du fournisseur, quel que soit l'accord interne entre colocataires.
Pour prévenir les impayés, mettez en place des virements automatiques dès le début de la colocation et fixez une date de paiement commune chaque mois pour faciliter le suivi. En cas de retard, relancez rapidement par écrit : un message conservé vaut mieux qu'un rappel oral. Si la situation se répète, envisagez une médiation amiable ou, en dernier recours, un recours devant le tribunal de proximité pour récupérer les sommes dues.
L'augmentation inattendue des charges
Il arrive que le propriétaire revoie à la hausse le montant des provisions sur charges, ou que la régularisation annuelle révèle un écart important avec les provisions versées. Face à cette situation, vérifiez d'abord que l'augmentation est justifiée en demandant le détail du décompte et en consultant les pièces justificatives dans le délai de six mois qui vous est accordé. Rappelez que le propriétaire ne peut vous facturer que des charges récupérables au sens du décret n°87-713 du 26 août 1987. Si le complément demandé porte sur une période de plus de trois ans, opposez la prescription triennale instaurée par la loi ALUR. En cas de désaccord persistant, saisissez la commission départementale de conciliation.
Astuce : Conservez systématiquement une copie de vos décomptes de charges et des justificatifs consultés. En cas de litige, ces documents constituent des preuves indispensables pour faire valoir vos droits.
Récapitulatif : les bons réflexes
La gestion des charges en colocation repose sur trois piliers : la connaissance de vos droits, la transparence entre colocataires et une organisation rigoureuse.
Avant de signer le bail :
- Vérifiez si les charges sont payées sous forme de provisions (avec régularisation annuelle) ou de forfait (montant fixe définitif)
- Demandez le montant des charges réelles de l'année précédente pour évaluer la cohérence des provisions ou du forfait proposé
- Identifiez les contrats à souscrire (électricité, gaz, internet) et convenez de qui en sera le titulaire
Pendant la colocation :
- Formalisez la répartition des charges dans un pacte de colocation signé par tous
- Mettez en place une cagnotte commune ou un outil de suivi des dépenses partagées
- Programmez des virements automatiques pour les charges fixes
- Contrôlez chaque année le décompte de charges transmis par le propriétaire et exercez votre droit de consultation des justificatifs
Au départ d'un colocataire :
- Procédez à un solde de tout compte entre colocataires, au prorata temporis
- Transférez ou résiliez les contrats dont le colocataire sortant est titulaire
- Conservez une trace écrite de la régularisation effectuée
La colocation est une expérience de partage qui fonctionne d'autant mieux que les règles financières sont posées clairement dès le départ. En combinant rigueur juridique et bonne entente, vous éviterez la grande majorité des litiges liés aux charges et profiterez pleinement des avantages de la vie partagée.
Pour compléter votre lecture, consultez notre guide sur les droits et devoirs du colocataire qui détaille l'ensemble de vos protections légales, ainsi que notre guide sur les conflits en colocation pour anticiper et résoudre les désaccords avant qu'ils ne dégénèrent.
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